Toucher, au revoir et à bientôt ...

Chers Amis thérapeutes et des métiers du toucher, chers tous.

Le toucher est en berne, on ne peut plus s’étreindre, se faire la bise même s’effleurer.
Notre parano du toucher nous repousse au point qu’on s’écarte même lorsqu’on se croise.
Celui qui tend la main dans les rues désertes est encore plus seul. Mal fagoté, sale il rappelle à nos mémoires inconscientes le statut des pestiférés.
On ne regarde plus l’autre, on a peur de l’autre, l’autre est peut être le mal.

Le toucher thérapeutique est relégué et écrasé par la suprématie du contact propre : internet. Ce dernier dont on craignait l’invasion virale dans les cerveaux de nos ados, il y a encore quelques jours, est devenu l’indispensable sauveur de l’humanité et maître du contact et des réunions de travail et d’amis.

Et oui chers collègues, nous ne servons plus à rien.
C’est ce que pensent dans ces grands moments de déprime, certains d’entre nous dans leurs enceintes prisons privés d’horizon et de perspectives.

Et bien oui le toucher reviendra encore plus doux, plus nécessaire, plus fort.
Le toucher c’est le souvenir inconscient de cette mère qui nous enveloppe, nous masse, nous protège, nous sécurise.
Etre toucher c’est s’abandonner au cœur de ces mains enveloppantes et chaudes.
Nous avons besoin d’être touché pour nous rassurer dans notre vulnérabilité d’éternel enfant.
Nous sommes touchés par le contact rassurant du thérapeute bienveillant qui nous fait oublier notre corps souffrant.

Alors oui le toucher reviendra et nos instituts, nos cabinets revivront encore plus forts et avec pleins d’amours.

Jean Ducourneau Ostéopathe ancien Kiné
Président de Périnatalité et Ostéopathie (33)
Membre de FédOsoli

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